07 avril 2026 - conférence
Marseille 1940-1942 : fuir l'Europe
l'ACOPA vous a proposé cette conférence
présentée par Bernard Sasso
le 07 avril 2026 à 10h00
au lycée Anne Sophie Pic de Toulon
L'invasion de la Belgique, de la Hollande, du Luxembourg puis de la France entre mai et juin 1940 étend l'emprise nazie sur une grande partie de l'Europe de l'Ouest.
La défaite de la France puis l'armistice coupe le pays en deux zones : zone occupée et zone libre.
Le 10 juillet 1940, l'Assemblée Nationale vote les pleins pouvoirs au Maréchal Philippe Pétain.
Par l'article 19 de la convention d'armistice la France s'engageait à livrer les ressortissants du « Grand
Reich », Juifs et non-Juifs, présents sur son sol.
Premier port de la Méditerranée, Marseille depuis la défaite est de fait une ville de repli, car c'est le seul grand port en zone non occupée, permettant de rejoindre l'étranger ou les colonies.
C'est là que par milliers des persécutés vont se réfugier en attente d'un hypothétique départ vers
l'Amérique Latine ou les Etats-Unis via l'Espagne et le Portugal. C'est là que les réseaux de résistance et d'aide vont se déployer en particulier celui de Varian Fry qui fera partir des centaines de persécutés, dont beaucoup sont des écrivains, des musiciens, des historiens, vers les Etats-Unis.
C'est cette extraordinaire histoire qu'a présentée le conférencier Bernard Sasso, adhérent de l'ACOPA et membre de l'Académie du Var
Marseille 1940‑1942 : Fuir l’Europe
La conférence animée par Bernard Sasso, historien et président de France–Grande Bretagne Toulon‑Var, a rencontré un succès remarquable, tant par la richesse de son contenu que par la qualité de sa présentation. Avec précision, sensibilité et une grande maîtrise du contexte historique, Bernard Sasso a retracé comment, entre 1940 et 1942, Marseille devint l’ultime porte de sortie de l’Europe occupée, un refuge fragile mais vital pour des milliers d’exilés.
1. Contexte général : l’Europe bascule (1940)
L’exposé s’ouvre sur la défaite française, l’armistice du 22 juin 1940 et la mise en place du régime de Vichy. La France est coupée en deux : zone occupée et zone libre. Marseille, située en zone non occupée, devient un espace de transit unique pour ceux qui cherchent à fuir la persécution.
2. Les lois d’exclusion et la persécution
Bernard Sasso rappelle les mesures discriminatoires imposées par Vichy, notamment les deux statuts des Juifs (1940 et 1941), ainsi que l’internement dans les camps du Sud, dont celui des Milles, où furent enfermés de nombreux artistes, intellectuels et opposants politiques.
3. Marseille : la dernière porte vers la liberté
Le conférencier décrit une ville en tension, saturée de réfugiés venus de toute l’Europe. Marseille devient un carrefour d’espoir, où l’on tente d’obtenir visas, certificats, places sur des navires ou passages clandestins vers l’Espagne et le Portugal.
4. Les réseaux d’aide et l’action de Varian Fry
Moment fort de la conférence : l’évocation du réseau de Varian Fry, journaliste américain envoyé par l’Emergency Rescue Committee. Grâce à lui, des centaines de personnes – dont Chagall, Ernst, Breton – purent quitter la France. Bernard Sasso souligne l’ingéniosité, le courage et la solidarité qui animèrent ces réseaux clandestins.
5. Une ville de détresse… et de génie
Marseille accueille alors une concentration exceptionnelle d’intellectuels européens. Dans l’attente, l’angoisse ou l’espoir, artistes, écrivains et scientifiques se croisent, créent, débattent. La ville devient un lieu de vie intellectuelle intense, malgré la menace permanente.
6. 1942 : la fermeture de la porte
L’occupation de la zone sud en novembre 1942 met fin à cette parenthèse fragile. Les rafles se multiplient, les départs deviennent impossibles, et Marseille perd son rôle de refuge.
travail sur IA - JM Legras
Une intervention saluée par tous
La conférence de Bernard Sasso a été très appréciée par l’ensemble du public, qui a salué la clarté de son propos, la profondeur de son analyse et la sensibilité avec laquelle il a su évoquer ces destins brisés ou sauvés.
Un moment convivial pour conclure
Cette manifestation s’est prolongée autour d’un excellent repas préparé et servi par les élèves du Lycée Anne‑Sophie Pic de Toulon. Leur professionnalisme, leur savoir‑faire et leur sens du service ont été unanimement remarqués.
Nous adressons nos remerciements les plus chaleureux à Madame la Proviseure, ainsi qu’à l’ensemble de son personnel, pour leur accueil attentif et leur précieuse collaboration, qui ont largement contribué à la réussite de cette belle rencontre culturelle.
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